C'est la question qui revient avant presque chaque départ : que mettre dans le sac ? La réponse tient moins à une liste qu'au voyage choisi. Sur nos circuits accompagnés comme sur nos voyages en liberté, les bagages sont transférés d'une étape à l'autre ; vous ne portez donc qu'un sac de journée. Ce qui change d'un voyage à l'autre, c'est le terrain sous les semelles, la température à six heures du matin et ce que l'on trouve, ou non, au bout du sentier. Les sections qui suivent passent en revue chaque région, du tuf de Cappadoce au glacier de l'Ararat.
Quel équipement pour quel trek en Turquie ?
Quatre familles de voyages se partagent notre catalogue, et elles ne demandent pas le même sac. En Cappadoce, on marche dans des vallées de tuf sur un plateau situé à plus de mille mètres d'altitude, avec des petits tunnels, des passages sableux et des nuits fraîches une bonne partie de l'année. Sur la côte lycienne, le calcaire domine : pierres roulantes, anciens chemins muletiers, longues descentes vers les criques, et une chaleur qui monte vite dès la fin du printemps.
Dans les Aladağlar, le programme Cappadoce et Taurus suit des gorges et des vallées de montagne : la descente de la vallée d'Emli annonce −940 m, et le canyon de Cimbar comporte un court passage où l'on pose les mains, sans exposition. Sur l'Ararat enfin, on dort sous tente jusqu'à 4 200 m et l'on chausse les crampons sur le glacier. Le tableau ci-dessous résume ce qui change vraiment.
| Voyage | Terrain | Chaussures | Vêtements clés | À ne pas oublier |
|---|---|---|---|---|
| Vallées de Cappadoce (Sentiers de Cappadoce, Cappadoce–Istanbul) | Tuf, sable fin, marches taillées, petits tunnels | Tige basse ou mi-haute, semelle crantée | Polaire et coupe-vent pour le matin et le soir | Frontale, foulard contre la poussière |
| Côte lycienne (Lycie en liberté, Antalya–Kekova) | Calcaire coupant, cailloux roulants, longues descentes | Chaussures de randonnée à semelle rigide, bon maintien de la cheville | Chemise légère à manches longues, chapeau à bord | Maillot, bâtons pour les descentes, réserve d'eau |
| Canyons du Taurus (Cappadoce et Taurus) | Sentiers de montagne, fonds de gorge, pierriers | Chaussures montantes à bonne accroche | Couche chaude, veste imperméable | Bâtons, gants légers pour le passage de Cimbar |
| Ararat (Artos–Ararat) | Pâturages, roche volcanique, glacier vers 4 750 m | Chaussures de montagne rigides, compatibles crampons | Doudoune, bonnet, gants chauds, sur-pantalon | Sac de couchage chaud, lunettes glacier, frontale |
| Carie (Latmos et caïque) | Sentiers muletiers, roche magmatique, sentiers côtiers | Tige mi-haute, semelle accrocheuse | Tenue légère, coupe-vent pour le pont le soir | Sac souple, sandales qui tiennent au pied |
Que porter dans le sac de journée quand les bagages suivent en véhicule ?
Le transfert des bagages fait partie de tous nos voyages en Turquie, accompagnés ou en liberté. Le grand sac part le matin de la pension et vous attend le soir à l'étape suivante. Entre les deux, vous êtes seul avec votre sac à dos. Un volume de 20 à 30 litres suffit dans la grande majorité des cas ; au-delà, on a tendance à le remplir.
Sur un voyage accompagné, le pique-nique de midi est compris dans la pension complète et le guide sait où l'on trouve de l'eau. En liberté, la formule choisie décide : petit déjeuner, demi-pension ou pension complète. Si votre formule ne comprend pas le déjeuner, demandez la veille à la pension ce qu'elle peut préparer, ou passez à l'épicerie du village avant de partir. Dans les hameaux de crête, entre Alınca et Gey par exemple, on ne compte pas trouver une boutique ouverte à midi.
Ce qui reste dans le sac de journée, quel que soit le voyage :
- l'eau de la journée et un en-cas salé ;
- une couche chaude et une veste imperméable, même par beau temps au départ ;
- chapeau, lunettes de soleil, crème solaire ;
- une petite trousse de secours personnelle et vos médicaments habituels ;
- passeport ou copie, argent liquide en livres turques pour le thé ou une boisson au village ;
- téléphone chargé, batterie externe et câble ;
- une frontale, même pour une étape courte ;
- une pochette étanche pour les papiers et un vêtement sec.
Sur Lycie en liberté, le carnet de route et les traces GPS sont fournis. Téléchargez les traces et la carte avant le départ, en mode hors ligne : le réseau reste irrégulier dans les vallons entre Faralya et Kabak. Gardez aussi le carnet papier à portée de main plutôt qu'au fond du grand sac. Et ne mettez jamais un médicament indispensable dans le bagage transféré : il arrive qu'un véhicule soit retardé sur une piste.
Quelles chaussures pour le calcaire lycien, le tuf de Cappadoce et les canyons du Taurus ?
C'est le seul achat sur lequel nous insistons. En Lycie, le calcaire est dur, souvent coupant, et les sentiers alternent dalles lisses et cailloux qui roulent. Les descentes pèsent plus que les montées : dans le circuit Chimère, Kekova et Termessos, l'étape Alınca–Faralya annonce D− 720 m pour D+ 170 m, et la descente de Kozağaç vers Ölüdeniz D− 480 m. Il faut une semelle rigide, bien crantée, et une tige qui tient la cheville. Les chaussures de course sur sentier conviennent aux marcheurs habitués, rarement aux autres.
En Cappadoce, le tuf volcanique est plus tendre. Par temps sec, il se couvre d'une poussière fine qui glisse sur les pentes, un peu comme du sable sur du béton. Après la pluie, les fonds de vallée deviennent collants et les passages taillés dans la roche glissent. Une chaussure de randonnée à tige basse ou mi-haute, avec une semelle qui accroche, fait l'affaire sur les journées de 4 à 6 heures des Sentiers de Cappadoce. Dans les petits tunnels de Meskendir, on apprécie une semelle qui ne dérape pas sur la roche humide.
Dans les Aladağlar, nous conseillons des chaussures montantes. La longue descente d'Emli et les pierriers fatiguent les chevilles, et le fond du canyon de Cimbar demande de poser le pied sur des blocs. Pour l'Ararat, la chaussure doit être rigide, chaude et accepter des crampons ; faites confirmer la compatibilité avant le départ si vous empruntez les crampons sur place.
Trois règles valent partout. Des chaussures rodées, c'est-à-dire portées sur plusieurs sorties avec dénivelé avant le voyage. Deux paires de chaussettes de marche en laine ou en synthétique, que l'on alterne. Et une paire de sandales légères pour le soir, les plages et les passages de gué. Les bâtons télescopiques rendent service dans toutes les régions, surtout en descente ; rangez-les dans le bagage en soute, car ils sont souvent refusés en cabine.
Quels vêtements emporter selon la saison et la région ?
Le principe reste celui des couches : un tee-shirt respirant, une polaire ou une doudoune légère, une veste imperméable et coupe-vent. On retire, on remet. Le coton sèche mal et refroidit à la pause ; laissez-le pour la ville.
La Cappadoce est un plateau continental. Au printemps et en automne, les journées de marche sont agréables, mais le froid tombe vite au coucher du soleil et les matinées sont fraîches, parfois franchement froides en fin de saison. En été, le soleil tape sur les crêtes sans ombre. En hiver, neige et gel sont possibles. Un bonnet et des gants légers ne pèsent rien et servent souvent au départ des étapes, même en mai.
Sur la côte lycienne, nos voyages se placent d'avril à juin et de septembre à octobre, précisément pour éviter les fortes chaleurs de l'été. Même dans ces périodes, un après-midi sur un versant exposé peut être chaud. Nous préférons une chemise légère à manches longues et un pantalon de marche fin à un débardeur : ils protègent du soleil et des buissons épineux du maquis. En avril, une averse reste possible ; une veste de pluie est donc utile. Les villages de hauteur comme Yaylakuzdere ou Ulupınar sont plus frais le soir que le littoral.
Dans le Taurus, de mai à octobre, les écarts sont marqués entre le fond des gorges et les plateaux. Sur l'Ararat, de juillet à septembre, les nuits au camp de base peuvent approcher le gel, et le départ vers le sommet se fait de nuit, dans le froid et souvent le vent. Pour choisir vos dates en fonction de ces écarts, lisez aussi notre article Quand partir en randonnée en Turquie.
Combien d'eau emporter et comment se protéger du soleil ?
Il n'existe pas de quantité valable pour tout le monde. À titre indicatif, nous conseillons au moins 1,5 litre pour une journée fraîche en Cappadoce, et 2 à 3 litres pour une étape exposée sur la côte lycienne quand il fait chaud. La bonne mesure dépend de votre transpiration, de l'heure de départ et de l'ombre disponible. Mieux vaut porter un demi-litre de trop que finir la descente à sec.
Ne construisez pas votre journée autour d'une fontaine dont vous n'êtes pas sûr. Certaines sources se tarissent à la fin de l'été, et un robinet de village peut être coupé. En groupe accompagné, le guide connaît les points d'eau du jour ; en liberté, le carnet de route les signale, mais la prudence reste de partir avec la réserve complète. Plusieurs de nos programmes prévoient l'eau minérale pendant les repas, et sur l'Ararat l'eau et le thé sont servis à tous les repas et à l'arrivée au camp.
Deux gourdes d'un litre se remplissent plus facilement qu'une poche à eau et permettent de voir ce qu'il reste. La poche a l'avantage de faire boire plus souvent. Choisissez ce qui vous fait boire régulièrement.
Côté soleil, le chapeau à bord fait plus qu'une casquette : il protège la nuque et les oreilles. Des lunettes de catégorie 3 conviennent en Lycie et en Cappadoce ; sur le glacier de l'Ararat, la réverbération impose des lunettes de glacier. Prévoyez une crème à indice élevé et un stick pour les lèvres. Par temps chaud, nos guides avancent l'heure de départ pour marcher avant la chaleur ; en liberté, faites de même.
Ararat : ce que fournissent les camps et ce qui reste à votre charge
Le programme Artos–Ararat comprend quatre nuits en campements privés : tentes pour deux personnes, matelas et tout le matériel de cuisine. Une équipe locale de chauffeurs, de muletiers et de cuisiniers accompagne le groupe. Au-dessus du départ du sentier, les bagages passent sur les animaux de bât et vous ne portez que votre sac de journée. Le groupe dispose aussi d'un caisson hyperbare portable, d'un oxymètre de pouls et d'une trousse de premiers secours. Crampons et piolet peuvent être prêtés si nécessaire, et le guide en révise l'usage le jour 6, avant la montée au camp d'altitude.
Le jour 3, à Doğubayazıt, les bagages inutiles en montagne peuvent être laissés dans une salle réservée au groupe. C'est le moment de trier : vêtements de ville d'un côté, affaires de camp de l'autre.
Ce que vous apportez vous-même :
- un sac de couchage chaud ; nous conseillons un confort nettement négatif, de l'ordre de −10 °C, pour dormir à 4 200 m ;
- une doudoune épaisse, un bonnet, une cagoule ou un tour de cou, deux paires de gants dont une chaude ;
- un sur-pantalon imperméable et des guêtres ;
- des chaussures de montagne rigides compatibles crampons ;
- des lunettes de glacier et une crème solaire haute protection ;
- une frontale avec piles de rechange : le départ vers le sommet se fait vers 3 h du matin ;
- un thermos ou une gourde isotherme, l'eau gelant vite dans la nuit.
Si vous souhaitez une tente individuelle, c'est un supplément à demander à la réservation. Pour la préparation physique et l'acclimatation, notre guide Ascension du mont Ararat détaille les étapes.
Journées en bateau : Kekova, Maden et le caïque de Carie
Plusieurs voyages associent marche et navigation. Sur Antalya–Kekova, le jour 11, on embarque dans la baie de Sıcak sur un bateau traditionnel en bois, avec déjeuner à bord et baignade, avant le retour par la mer à Üçağız. Dans Chimère, Kekova et Termessos, le retour de la baie de Maden vers Çıralı se fait en bateau le jour 2. Le programme Latmos et croisière en Méditerranée prévoit cinq nuits à bord d'un caïque, en cabines doubles avec douche et toilettes, et des débarquements sur la plage comme à Ölüdeniz.
Pour ces journées, glissez dans le sac un maillot, une serviette qui sèche vite et une pochette étanche pour le téléphone. Les débarquements se font parfois pieds dans l'eau : des sandales qui tiennent au pied évitent de glisser sur les galets. Le soir sur le pont, le vent de mer rafraîchit plus qu'on ne l'imagine ; gardez une couche chaude à portée. Si vous êtes sujet au mal de mer, prévoyez votre traitement habituel.
Sur le caïque, un sac souple se range mieux qu'une valise rigide dans une cabine. Demandez à l'avance ce qui remplace la navigation si la mer l'empêche ; la FAQ répond aussi à plusieurs questions pratiques de ce type.
Villages et pensions : quels usages ?
La plupart de nos nuits se passent en pension de village ou en hôtel de charme. Sur le sentier, le short ne pose aucun problème. Dans les pensions, on se déchausse souvent à l'entrée : une paire de sandales légères ou de chaussettes propres pour le soir rend la maison plus agréable.
Demandez avant de photographier quelqu'un, surtout les femmes âgées dans les champs ou devant les maisons. Un thé offert se boit volontiers ; sur le programme de Carie, la traversée d'un village d'éleveurs de chèvres et de moutons est parfois l'occasion d'un thé de bienvenue. Quelques mots de turc suffisent : « merhaba » pour saluer, « teşekkürler » pour remercier, et « içilir mi ? » devant une fontaine pour savoir si l'eau se boit.
Enfin, un petit sac pour rapporter ses déchets a sa place dans chaque sac à dos. Dans les criques de Lycie comme dans les vallées de Cappadoce, il n'y a pas toujours de poubelle, et ce qui reste sur place y reste longtemps.
Trousse de pharmacie, et ce que l'on peut laisser à la maison
Une trousse personnelle légère suffit dans la plupart des cas. Nous conseillons des pansements pour ampoules, un désinfectant, un antidouleur, un traitement contre les troubles digestifs, des sachets de réhydratation, un antihistaminique et une pince à tiques. Ajoutez vos traitements personnels en quantité suffisante, avec l'ordonnance. On trouve des pharmacies, les « eczane », dans les villes et les bourgs, rarement dans les hameaux.
Ce que nous voyons souvent revenir sans avoir servi : le jean, trop lourd et long à sécher ; les tee-shirts en coton en surnombre ; le guide papier épais ; la deuxième paire de chaussures de marche ; les objets de valeur. Les couteaux et objets coupants vont en soute, jamais en cabine. Pour une randonnée en liberté, le carnet de route remplace la plupart des lectures ; pour un voyage accompagné, le guide répond aux questions sur le terrain.
Notre liste de base pour le grand sac, à adapter :
- chaussures de marche rodées et sandales légères ;
- deux ou trois tee-shirts respirants, une chemise à manches longues ;
- un pantalon de marche, un short ou un pantalon convertible ;
- une polaire, une doudoune légère, une veste imperméable ;
- bonnet et gants légers, même au printemps ;
- maillot et serviette microfibre ;
- une tenue propre pour le soir ;
- trousse de toilette, trousse de secours, frontale, bâtons ;
- adaptateur électrique et batterie externe.
Pour comparer les formules, voyez les pages voyage accompagné et voyage en liberté. Pour les étapes elles-mêmes, nos guides sur le Chemin lycien et les vallées de Cappadoce complètent cet article, tout comme notre comparatif des treks. Toutes nos randonnées en Turquie sont réunies sur une seule page, et les questions pratiques restantes trouvent souvent leur réponse dans la FAQ.
