Comparer les treks et randonnées en Turquie
Notre réponse à cette question commence rarement par un nom de région. Elle commence par vos jambes : combien d’heures vous marchez sans y penser, comment vous vivez une longue descente, ce que la chaleur vous fait, et si vous voulez un guide à côté de vous ou votre propre rythme. Le tableau qui suit part de là : la journée la plus dure de chaque programme.
Quel trek choisir en Turquie selon votre niveau ?
Le tableau reprend, pour chacun de nos voyages en Turquie, la journée la plus exigeante telle qu’elle figure sur la fiche du programme. Un niveau 3/5 en Lycie et un niveau 3/5 dans le Taurus ne se ressentent pas de la même façon : les chiffres de montée et de descente en disent plus que la note.
| Voyage | Jours | Niveau | Journée la plus exigeante (fiche) | Hébergement | Période indiquée |
|---|---|---|---|---|---|
| Cappadoce – Istanbul | 8 | 2/5 | Jour 4, Gorkün–Uçhisar–Çavuşin : 4 à 5 h, D+ 415 m / D− 450 m | Hôtels de charme et troglodytiques, hôtel à Istanbul | Toute l’année |
| Sentiers de Cappadoce | 8 | 2/5 | Jour 7, plateau du Bozdağ–Paşabağ : 5 à 6 h, D+ 500 m / D− 500 m | Hôtels de charme type pension | Printemps, été, automne |
| Voie carienne – Latmos et croisière | 11 | 2/5 | Jour 4, Bağarcık–Kapıkırı : 17 km, 6 à 7 h, D+ 407 m / D− 1 051 m | Hôtel, pension de montagne, caïque | Avril–mai, septembre–octobre |
| Cappadoce, l’appel des vallées oubliées (liberté) | 7 | 3/5 | Plateau du Bozdağ–Paşabağ : 5 à 6 h, D+ 340 m / D− 340 m | Deux pensions de village | Mars à mi-novembre |
| Voie lycienne en liberté | 7 | 3/5 | Kabak–Alınca, la grande montée de la semaine (chiffres dans le carnet de route) | Pensions de village | Avril–juin, septembre–octobre |
| Voie lycienne : Chimère, Kekova et Termessos | 8 | 3/5 | Jour 3, Andriake–Simena : 14,7 km, 4 à 5 h, D+ 200 m / D− 200 m, classée difficile | Pensions | Avril–juin, septembre–octobre |
| Cappadoce et côte lycienne | 13 | 3/5 | Jour 4, Göreme–Uçhisar–Çavuşin : 5 à 6 h, D+ 350 m / D− 400 m | Hôtels | Avril–juin, septembre–novembre |
| Voie lycienne : d’Antalya à Kekova | 13 | 3/5 | Jour 4, canyon de Göynük–Yaylakuzdere : 5 à 6 h, D+ 1 110 m / D− 475 m | Hôtels et pensions | Avril–juin, septembre–novembre |
| Cappadoce et Taurus | 8 | 3/5 | Jour 6, Sokulupınar–vallée d’Emli : 5 à 6 h, D+ 600 m / D− 940 m | Hôtels, village de montagne | Mai–octobre |
| Mont Artos et mont Ararat | 9 | 5/5 | Jour 7, sommet (5 137 m) : 9 à 10 h, D+ env. 937 m / D− env. 1 937 m | Hôtels, puis tentes aux camps | Juillet–septembre |
Pour la Voie lycienne en liberté, les dénivelés jour par jour figurent dans le carnet de route remis à Fethiye.
Plus la journée la plus exigeante ressemble à vos sorties habituelles, plus le voyage vous ira. Si elle les dépasse nettement, remontez d’une ou deux lignes dans le tableau.
Quel trek pour un premier voyage en Turquie ?
Pour un premier trek dans le pays, nous orientons presque toujours vers la Cappadoce accompagnée. Les Sentiers de Cappadoce sont classés 2/5 : quatre à six heures de marche par jour, sur un terrain parfois accidenté, avec seulement le sac de la journée sur le dos. Les nuits se passent à Mustafapaşa, à Ortahisar puis à Çavuşin, ce qui limite les déménagements. Les transferts sont courts, sauf le jour d’Ihlara et de Derinkuyu, qui compte environ trois heures de route.
Si vous hésitez encore à vous engager sur une semaine entière de marche, Cappadoce – Istanbul est plus doux. Trois journées de randonnée en Cappadoce, dont la première dure environ trois heures, puis trois jours à Istanbul, à pied mais en ville : Sainte-Sophie, la citerne Basilique, Topkapı, le Bosphore.
Attention à un piège de lecture. La Voie carienne est aussi classée 2/5, mais sa quatrième journée dans le Latmos fait 17 km, six à sept heures, avec plus de 1 000 m de descente. Le niveau global reste modéré parce que la seconde moitié du voyage, en caïque, ne comporte que des marches de deux à quatre heures. Pour un débutant, ce jour-là demande une vraie préparation.
Un premier trek n’est pas une première randonnée : nos programmes les plus accessibles supposent que vous marchez déjà cinq heures sans souffrir. Si ce n’est pas encore le cas, quelques sorties longues le week-end, avec le sac que vous porterez, changent tout. Notre guide pour évaluer la difficulté d’un trek propose une méthode simple pour vous situer.
Lycie ou Cappadoce : quelle différence sur le terrain ?
Ce sont deux mondes. En Cappadoce, on marche sur un haut plateau d’Anatolie centrale, dans des vallées creusées par l’érosion dans le tuf volcanique. Le sentier est souvent tendre, parfois sableux, il passe dans de petits tunnels, longe des pigeonniers creusés dans la falaise, traverse des vergers d’abricotiers et des vignes. Les montées sont courtes et répétées. Les églises rupestres sont partout, et le bien « Parc national de Göreme et sites rupestres de Cappadoce » est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1985.
En Lycie, le terrain est calcaire, caillouteux, souvent sec. Le sentier part du niveau de la mer et grimpe dans les pins, le maquis, les genévriers, parfois jusqu’aux cèdres. C’est ce qui surprend le plus : une étape « au bord de la mer » peut commencer par mille mètres de montée. Le jour 4 du voyage d’Antalya à Kekova annonce D+ 1 110 m depuis le canyon de Göynük ; le lendemain, la traversée vers Beycik passe sur les pentes du mont Tahtalı, l’Olympe lycien, qui culmine à 2 365 m. La Voie lycienne est balisée en rouge et blanc, selon les indications de la Culture Routes Society, qui a créé et entretient l’itinéraire.
La récompense lycienne, c’est la mer et les cités antiques : Olympos et sa rivière, les flammes de la Chimère à Yanartaş, Aperlai et ses ateliers de pourpre, Simena sous sa forteresse, la cité engloutie de Kekova vue depuis le bateau, Patara et sa grande plage. En Cappadoce, la récompense est plutôt la lumière sur la roche, le silence des vallées Rose et Rouge en fin de journée, et la vie troglodyte qu’on découvre de l’intérieur à Zelve, Göreme ou dans une ville souterraine comme Derinkuyu.
Le calendrier les sépare aussi. Nos fiches lyciennes indiquent avril–juin et septembre–octobre, jusqu’en novembre pour Antalya–Kekova : en plein été, la chaleur sur des sentiers peu ombragés rend les montées pénibles et oblige à partir très tôt. La Cappadoce se marche toute l’année avec Cappadoce – Istanbul et du printemps à l’automne avec les Sentiers de Cappadoce, avec des nuances : chaleur en milieu de journée l’été, nuits froides au printemps et à l’automne, neige et gel possibles l’hiver. Notre article sur la meilleure période pour randonner en Turquie détaille ces écarts ; nos repères sur les vallées de Cappadoce et sur les sections du Chemin lycien, ainsi que les pages Cappadoce et Lycie, vont plus loin.
La Carie et le Latmos : un autre visage de la côte égéenne ?
La Carie intéresse ceux qui connaissent déjà la Lycie de nom et cherchent un terrain moins parcouru. Les montagnes du Latmos, qui culminent à 1 367 m, dominent le lac Bafa, un ancien golfe marin aujourd’hui fermé. On y marche sur des sentiers muletiers tracés par les bergers, entre pins parasols et rochers aux formes étranges, jusqu’aux peintures rupestres de Balıktaş et au secteur du monastère de Yediler. Les nuits se passent en pension, à Karahayıt puis à Kapıkırı, au bord du lac.
Ce sont trois journées de marche franche : 11 km le jour 2 (D+ 580 m / D− 896 m), 14 km le jour 3, puis la longue journée de Bağarcık, 17 km avec plus de 1 000 m de descente. Les genoux travaillent plus que le souffle.
La seconde partie du voyage change de rythme. À Fethiye, on embarque sur un caïque pour cinq nuits : île de Gemili et ses églises byzantines, Kayaköy, le village abandonné en 1923, les ruines non fouillées de Lydae, la crique de Hamam. Chaque jour une marche de deux à quatre heures, chaque soir un mouillage différent. C’est une bonne formule pour un groupe où tout le monde n’a pas la même endurance : les jours du Latmos se préparent, les jours en mer reposent. Période indiquée : avril–mai et septembre–octobre. Nos conseils pour préparer la section du lac Bafa et la page Carie complètent le tableau.
Le Taurus est-il réservé aux alpinistes ?
Non, tout dépend de ce qu’on y fait. Le massif des Aladağlar, dans le Taurus central, a une réputation de haute montagne, et elle est méritée : le Demirkazık y atteint 3 756 m, et ses parois attirent les grimpeurs. Mais notre programme combiné Cappadoce et Taurus ne vise aucun sommet. Il parcourt des gorges et des vallées.
Après trois jours en Cappadoce, le jour 5 entre dans la gorge de Kazıkali : trois à quatre heures au fond du canyon, D+ 364 m. Le jour 6, départ du plateau de Sokulupınar et descente de la vallée d’Emli, cinq à six heures, D+ 600 m et D− 940 m, sans difficulté technique selon la fiche. Le jour 7, le canyon de Cimbar depuis le camp nomade d’Arpalık : D− 843 m et un court passage où l’on pose les mains, sans exposition. Puis route vers Tarsus.
Ce qu’il faut regarder ici, ce sont les descentes. Presque mille mètres dans la même journée, sur un sentier de montagne pierreux, c’est ce qui fatigue les cuisses et les genoux. Les bâtons de marche aident. Autre réalité du Taurus : c’est un massif calcaire, et l’eau y disparaît vite dans la roche. Dans les hauteurs, on part avec ce qu’il faut pour la journée. La période indiquée va de mai à octobre.
Un projet de sommet dans les Aladağlar est une autre affaire, avec camp, encadrement de haute montagne et journées plus longues. Nous en parlons dans notre guide pratique des Aladağlar et sur la page Taurus.
Faut-il être alpiniste pour gravir l’Ararat ?
Il ne faut pas être alpiniste au sens technique, mais l’Ararat n’est pas un trek comme les autres. Notre programme Mont Artos et mont Ararat est le seul classé 5/5, et c’est l’altitude qui fait ce classement : le sommet est à 5 137 m, le plus haut point de Turquie. On y monte à pied, avec des crampons sur la partie glaciaire, à partir d’environ 4 750 m.
Le programme est construit pour l’acclimatation. Le jour 2, ascension du mont Artos (3 537 m) au-dessus du lac de Van : environ 1 737 m de montée, sept à huit heures. Le jour 3, une journée plus douce à Akdamar et à la forteresse de Van. Le jour 4, montée au camp de base à 3 200 m, les bagages sur les animaux de bât. Le jour 5, aller-retour jusqu’au camp d’altitude à 4 200 m et retour dormir au camp de base, pour que le corps goûte à l’altitude sans y passer la nuit. Le jour 6, installation au camp d’altitude et révision du piolet et des crampons. Le jour 7, départ vers 3 h du matin pour le sommet, neuf à dix heures au total, puis descente jusqu’au camp de base.
Le permis d’ascension est compris, ainsi que le prêt de crampons et de piolet si nécessaire, des tentes deux personnes, une équipe de muletiers et de cuisiniers, un caisson hyperbare portable, un oxymètre et une trousse de premiers secours. L’ascension est encadrée par un guide de montagne anglophone. Rien de tout cela ne garantit le sommet. Le mal des montagnes ne prévient pas, il touche parfois des marcheurs très entraînés, et la décision de faire demi-tour appartient au guide.
Le profil qui convient : quelqu’un qui a déjà dormi au-dessus de 3 000 m sans difficulté, qui encaisse une journée de dix heures, et qui accepte les nuits froides sous tente. Période : juillet à septembre. Tout est détaillé dans notre article sur la préparation et la sécurité à l’Ararat et sur la page Ararat.
Guidé ou en liberté : que change la formule ?
La région ne dit pas tout. La formule compte autant. Nos voyages accompagnés réunissent de 4 à 15 personnes, avec un guide de randonnée turc qui parle la langue du groupe. La pension complète est comprise, pique-nique le midi et dîner le soir, sauf les repas du premier et du dernier jour. Les transferts du programme, les bagages et les entrées des sites prévus sont inclus. Le guide gère l’itinéraire, le rythme et le repli si le temps tourne.
En liberté, vous partez à partir de deux personnes et jusqu’à quinze. Nous réservons les pensions étape par étape, nous transportons les bagages chaque jour et nous fournissons le carnet de route et les traces GPS. En revanche, pas de guide sur le sentier, et les entrées des sites archéologiques et des musées restent à votre charge, comme le transfert vers l’aéroport le dernier jour. Les repas dépendent de la formule choisie : petit déjeuner, demi-pension ou pension complète.
Nous proposons deux voyages en liberté en Turquie. La Voie lycienne en liberté relie Ölüdeniz, Faralya, Kabak, Alınca et Gey, avec une journée à Patara. La montée de Kabak à Alınca est le cœur de la semaine. Cappadoce, l’appel des vallées oubliées rayonne depuis deux pensions, à Mustafapaşa puis à Çavuşin, avec un service téléphonique d’urgence joignable jour et nuit.
La liberté convient à ceux qui savent lire une carte, retrouver un balisage perdu et prendre une décision seuls quand un sentier a été emporté par un éboulement. Si l’idée de vous tromper de vallon vous gâche la journée, choisissez l’accompagné. Notre comparatif accompagné ou en liberté reprend ces critères un par un.
Peut-on combiner deux régions en un seul voyage ?
Oui, et c’est souvent la meilleure façon de voir la Turquie à pied. Trois de nos programmes le font, chacun à sa manière.
- Cappadoce – Istanbul, 8 jours : quatre jours en Cappadoce, vol intérieur, puis Istanbul.
- Cappadoce et Taurus, 8 jours : les vallées, puis les gorges des Aladağlar, environ une heure et demie de route entre les deux.
- Cappadoce et côte lycienne, 13 jours : de Kayseri à Antalya, avec une étape à Konya et au mausolée de Mevlânâ, puis Ulupınar, la baie de Maden, Aperlae, le bateau à Kekova, Arikanda et Termessos.
Combiner, c’est accepter des heures de véhicule, et le programme les annonce : sur le combiné Cappadoce et côte lycienne, les jours 6 et 7 comptent chacun environ trois heures de transfert, avec l’arrêt au caravansérail de Sultanhanı pour couper le trajet. Sur une semaine, deux régions restent possibles si vous acceptez une demi-journée de route.
Un conseil de terrain : quand on combine, on met la région la plus douce en premier. La Cappadoce avant la Lycie ou avant le Taurus, c’est quelques jours pour se mettre en jambes avant les grandes descentes.
Comment trancher avant de réserver ?
Prenez trois randonnées récentes et notez pour chacune la durée, la montée, la descente et le poids du sac. Comparez-les à la journée la plus exigeante du tableau. Puis regardez l’enchaînement : les Sentiers de Cappadoce alignent trois journées de cinq à six heures du jour 5 au jour 7 ; le voyage d’Antalya à Kekova en aligne trois aussi, du jour 4 au jour 6, avec des montées nettement plus fortes.
Demandez-vous ensuite ce qui vous fatigue le plus. La montée ? Évitez les premiers jours lyciens autour de Göynük. La descente ? Méfiez-vous d’Emli, du Latmos et de la descente de l’Ararat. La chaleur ? Restez sur les périodes indiquées et privilégiez la Cappadoce hors plein été. L’orientation ? Préférez l’accompagné.
Enfin, parlez-nous de votre groupe. Nous savons quels jours peuvent être raccourcis, où un transfert peut remplacer une portion de sentier, et quelles étapes n’ont pas d’échappatoire. Pour le sac, notre article sur l’équipement de trek en Turquie vous aidera. Les questions pratiques sont dans la FAQ des voyages, et l’ensemble de nos itinéraires se trouve sur la page randonnées en Turquie.
