La Cappadoce reçoit chaque année des foules considérables, et pourtant la plupart des visiteurs ne mettent presque jamais un pied dans une vallée. Ils voient les points de vue, le musée en plein air de Göreme, Paşabağ, un ballon au lever du jour. À quelques centaines de mètres de ces lieux, les sentiers restent souvent vides. Ce guide explique où marcher, à quelle heure, et comment s’organisent nos itinéraires pour cela. Pour la saison et le choix général des vallées, voyez aussi quand randonner en Cappadoce et quelles vallées choisir.
Où marcher en Cappadoce pour éviter la foule ?
La foule suit la route. Les autocars et les minibus s’arrêtent là où l’on peut se garer : les belvédères d’Uçhisar et de Göreme, le musée en plein air, Paşabağ, Zelve, l’entrée principale d’Ihlara, les villes souterraines de Derinkuyu et de Kaymaklı. Entre ces arrêts, le paysage appartient à ceux qui marchent.
La Cappadoce qui intéresse le randonneur est un plateau de tuf volcanique entaillé par l’érosion. L’UNESCO l’a inscrite en 1985 sous le nom de « Parc national de Göreme et sites rupestres de Cappadoce ». Les vallées y forment un réseau serré : on passe de l’une à l’autre en franchissant une crête, un tunnel creusé par les anciens habitants, un verger d’abricotiers. C’est ce réseau qui permet d’échapper au monde : dès qu’on quitte l’axe d’une vallée célèbre pour sa voisine, le bruit baisse.
Trois règles simples guident nos itinéraires :
- entrer dans une vallée connue par le haut ou par un vallon latéral, pas par le parking ;
- traverser les secteurs les plus fréquentés aux heures où les groupes sont ailleurs ;
- dormir dans un village de vallée, Mustafapaşa ou Çavuşin, plutôt qu’au milieu des hôtels de Göreme.
Reste le musée en plein air de Göreme, que beaucoup veulent voir malgré tout. Ses églises peintes méritent la visite, mais leurs chapelles sont petites et l’on y fait vite la queue. Nos repères : y entrer à l’ouverture, ou en fin d’après-midi, et consacrer le reste de la journée aux vallées voisines, où les mêmes moines ont creusé des églises que presque personne ne visite.
Les ballons au lever du jour : les voir sans les subir
Les montgolfières décollent autour du lever du soleil, quand l’air est calme, et restent en l’air environ une heure. Les vols dépendent du vent : ils sont annulés certains matins, surtout en hiver et au printemps. Ceux qui ont réservé un vol à heure fixe en font parfois l’expérience plusieurs jours de suite.
Pour le marcheur, le spectacle est gratuit. Les ballons survolent les vallées autour de Göreme, Çavuşin et Uçhisar, souvent à basse altitude. Depuis la terrasse d’une pension de Çavuşin ou depuis les premiers mètres de la vallée Blanche, on les voit passer au-dessus des cheminées de fées sans rejoindre les rassemblements de photographes sur les crêtes.
Un conseil de terrain : si vous voulez marcher au lever du jour, choisissez une vallée que vous connaissez déjà, ou faites-vous accompagner. Dans la pénombre, les sentiers de tuf se ressemblent, et certains fonds de vallée sont coupés par des passages étroits. Nos programmes démarrent après le petit déjeuner ; les ballons, on les regarde avant.
Quelle heure pour quelle vallée ?
Le tableau résume nos repères. Ce sont des tendances observées d’une saison à l’autre, pas des horaires garantis : un jour férié turc, un week-end de printemps ou l’arrivée de plusieurs groupes suffisent à les bousculer.
| Secteur | Moment calme | Moment chargé | Pourquoi | Dans nos voyages |
|---|---|---|---|---|
| Gomeda, Keşlik, Golgoli (sud, autour de Mustafapaşa) | Presque toute la journée | Rarement | Loin des circuits d’excursion classiques | Sentiers de Cappadoce, en liberté, Cappadoce et Côte lycienne |
| Meskendir, Güllüdere (Rose), Kızılçukur (Rouge) | Fin de matinée, début d’après-midi | Coucher du soleil, sur les crêtes et les pistes | Le panorama du soir attire véhicules et groupes | Sentiers de Cappadoce (J5), en liberté, Cappadoce – Istanbul, Cappadoce et Taurus |
| Vallée Blanche (Akvadi), Güvercinlik | Matin | Autour d’Uçhisar en milieu de journée | Les belvédères d’Uçhisar sont au bout du sentier | Sentiers de Cappadoce (J6), Cappadoce – Istanbul, Cappadoce et Taurus |
| Zelve, Paşabağ | Tôt le matin, fin d’après-midi | Milieu de journée | Arrêts d’excursion à la journée | Sentiers de Cappadoce (J7), Cappadoce – Istanbul |
| Canyon d’Ihlara | Tronçons éloignés des accès principaux | Autour de l’entrée principale | La plupart des visiteurs n’en parcourent qu’une petite partie | Sentiers de Cappadoce (J4), Cappadoce et Côte lycienne |
| Plateau du Bozdağ | Toute la journée | Rarement | Hors des circuits en véhicule | Sentiers de Cappadoce (J7), en liberté |
Le sud des vallées : Gomeda, Keşlik, Golgoli, Mustafapaşa
C’est notre point de départ préféré, et ce n’est pas un hasard si trois de nos programmes y passent leurs premières nuits. Mustafapaşa, l’ancienne Sinasos, a été habitée par des Grecs orthodoxes jusqu’à l’échange de populations de 1923. Ses maisons de pierre sculptée donnent le ton : ici, la Cappadoce est d’abord un pays de villages.
Autour, les sentiers passent entre vignes et abricotiers. Le monastère rupestre de Keşlik, que nos programmes datent du Xe siècle, occupe un vallon tranquille. Plus loin, les habitations troglodytiques de Golgoli sont creusées dans des cônes de tuf ; on y pique-nique à l’ombre des parois. Sur Sentiers de Cappadoce, cette journée compte 4 à 5 heures de marche pour +381 m et −345 m.
La vallée de Gomeda (ou Gömede) est un labyrinthe de monastères, de pigeonniers et de passages étroits. On la traverse vers Ortahisar, le village dominé par son piton rocheux. Le programme annonce 4 à 5 heures, +230 m et −340 m. Sur une journée entière, il est fréquent de ne croiser qu’un berger, un agriculteur sur son tracteur, un autre petit groupe.
Le circuit Cappadoce et Côte lycienne y ajoute la ville souterraine de Mazı, moins visitée que celles de Derinkuyu ou de Kaymaklı, et la vallée d’Uzengi entre vergers et pigeonniers.
Meskendir, Güllüdere, Kızılçukur : traverser le cœur sans suivre le flot
Les vallées Rose (Güllüdere) et Rouge (Kızılçukur) sont les plus célèbres, et elles le méritent : falaises colorées, coulées blanches, églises rupestres, tunnels. Elles sont aussi traversées par des pistes où circulent, surtout en fin de journée, des quads et des 4×4. Le coucher du soleil sur la vallée Rouge est devenu un rendez-vous.
Notre manière de faire : entrer par Meskendir, encore peu fréquentée, avec ses petits tunnels, puis rejoindre Güllüdere et Kızılçukur en fin de matinée. Le déjeuner se prend au cœur de la vallée Rouge, à l’heure où les groupes d’excursion sont au restaurant. L’après-midi, on sort vers Çavuşin avant l’arrivée des véhicules du soir. Sur Sentiers de Cappadoce, la journée annonce 5 à 6 heures, +339 m et −490 m.
À Çavuşin, le vieux village est adossé à une falaise percée d’habitations ; l’église dédiée à saint Jean-Baptiste domine l’ensemble. On y dort plusieurs nuits sur trois de nos programmes : c’est le bon endroit pour partir à pied le matin sans reprendre de véhicule.
Ihlara, Selime, Derinkuyu : organiser le jour du canyon
Le canyon d’Ihlara est une autre Cappadoce : un fond de gorge vert, la rivière Melendiz, des falaises jusqu’à 150 m de haut selon notre programme, et des églises aux fresques colorées (l’église Sous-l’Arbre, l’église aux Jacinthes). Le sentier y court sur environ 14 km.
La plupart des visiteurs descendent par l’entrée principale, parcourent un tronçon et remontent. Il suffit donc de marcher un peu plus loin, ou de partir de l’autre extrémité, pour trouver le calme. Sur Sentiers de Cappadoce, la journée commence au monastère troglodytique de Selime et compte 4 à 5 heures de marche, +250 m et −300 m.
La contrepartie : Ihlara est à distance des vallées de Göreme. Le même jour, nos groupes visitent la ville souterraine de Derinkuyu, huit niveaux et 55 m de galeries d’après le programme, et le temps de route total atteint environ 3 heures. À Derinkuyu, les galeries sont étroites et les groupes s’y succèdent ; le calme, ce jour-là, vient ensuite, dans le canyon.
Bozdağ et Zelve : prendre de la hauteur
Le plateau du Bozdağ, au-dessus de Çavuşin, est notre réponse à ceux qui demandent un sommet en Cappadoce. Le sentier en balcon fait le tour du plateau et mène à son point haut, avec une vue sur toute la région. Les véhicules d’excursion n’y montent pas, et l’on y marche longtemps sans croiser personne.
La descente se fait par la vallée de Zelve, ancien village rupestre, jusqu’aux cheminées de Paşabağ, les « vignes du Maître ». Sur Sentiers de Cappadoce, la journée compte 5 à 6 heures, +500 m et −500 m. Nous arrivons à Paşabağ en fin de journée, quand les autocars sont repartis ; au milieu de la journée, le site est très fréquenté.
Quelle saison pour une Cappadoce plus calme ?
La Cappadoce se marche toute l’année ; deux de nos programmes, Sentiers de Cappadoce et Cappadoce – Istanbul, n’ont pas de saison fermée. Pour les chiffres mois par mois, voyez Randonner en Cappadoce : choisir ses vallées et organiser sa journée.
Côté fréquentation, les longs week-ends et les fêtes religieuses turques (dont les dates changent chaque année) remplissent la région de visiteurs nationaux. Hors de ces périodes, un mardi d’octobre n’a rien à voir avec un samedi de mai.
Accompagné, en liberté ou combiné ?
Pour une première visite, Sentiers de Cappadoce (8 jours, niveau 2/5) enchaîne tout ce qui précède avec un guide turc parlant la langue du groupe : Keşlik et Golgoli, Gomeda, Ihlara, Meskendir et les vallées Rose et Rouge, la vallée Blanche, le Bozdağ. Cappadoce, l’appel des vallées oubliées propose une semaine proche en liberté, niveau 3/5, avec carnet de route et traces GPS, au départ de deux pensions à Mustafapaşa et Çavuşin.
Si vous voulez associer la Cappadoce à autre chose : Cappadoce – Istanbul ajoute trois jours dans la ville, Cappadoce et Taurus descend vers les gorges des Aladağlar, et Cappadoce et Côte lycienne rejoint la Méditerranée. Toute la région est présentée sur la page Cappadoce, les questions pratiques dans notre FAQ, et l’automne en Turquie dans randonner en Turquie en octobre et novembre.
Durées et dénivelés : programmes Aventures Anatoliennes cités.
